En préambule…


Je m’épate toujours de voir comme quelques jours peuvent être suffisant pour mettre un corps en mouvement, là ou bien des années n’y sont pas parvenu. Comme quelques mots, une simple phrase même déjà entendue, peuvent survenir dans un timing imparable, un instant T où tous les ingrédients sont à la bonne température, faisant miraculeusement monter notre mayonnaise intérieure, après tant d’années d’échec et de vinaigrette amère…

Ces mots, chez moi, furent les suivants: « dès lors qu’on apprends quelque chose, on a quelque chose à transmettre ». Et paf!

Ben oui, c’est sur que sur le papier, ces mots ne brillent pas d’un génie particulier. Mais ils sont, à mon sens, une arme fantastique pour faire face à un ennemi universel que chacun d’entre nous a vu au moins une fois, de près ou de loin, pointer le bout de son nez jugeant et dédaigneux. Amanda Palmer, autrice-compositrice Américaine de grand talent et porte-bannière du « tous artiste », dans son brillant bouquin « the art of asking » (ou à défaut dans son TED Talk, plus concis, et dispo gratuitement sur le web), nomme ce croquemitaine « Fraud Police ». En France, il se fait appeler « syndrome de l’imposteur », ou « syndrome de l’autodidacte ».

Je ne m’étendrais pas sur ce concept assez connu, mes connaissances se limitant à ma cohabitation houleuse avec cet encombrant colocataire. Mais on trouve sur la toile de très chouettes articles et quelques podcasts intéressants sur le sujet.

Ainsi, il suffirait d’apprendre les rudiments d’une chose pour l’incorporer à sa boite à outils, et s’en servir à loisir pour créer du partage? Sans nécessairement maîtriser son sujet à 200%? Serait-ce si simple que ça? Mais qu’en penseraient « les autres »?

Lorsque l’on réalise qu’au pire, « les autres » s’en foutent, trop occupés à dealer avec leur propres usuriers de l’ombre, le présumé imposteur tapi en nous prend déjà un gentil coup de latte dans les gencives. Et si par chance, s’ensuivent de jolis compliments ou des critiques constructives pour nous faire avancer, alors le bougre n’a plus droit de cité dans nos jolies petites boites crâniennes, la vie prenant alors des allures de gigantesque bac à sable!

Bien entendu, ce mantra n’est pas à lui seul déclencheur de tout le bouleversement philosophique qui fut le mien ces dernières semaines, lui en attribuer tous les mérites serait assurément exagéré. Mais il fut la dernière goutte d’huile qui permit à cette lourde mécanique de se mettre en marche, avec cette fois, chaque pièce à sa place. Mes premiers tours d’engrenages prirent la forme d’une sorte de « bilan d’envies et compétences ».

Je n’ai pas souvenir de mes premiers écrits, extra-scolaires s’entend, mais ils remontent. Essentiellement des chansons, des poésies, quelques nouvelles mais maladroites, des romans encore moins, bien qu’en ayant beaucoup rêvé. Oui, il faut croire que le format court et le goût de la rime me vont bien au teint, bien que le format permette assez peu de raconter des histoires à rebondissements, comme dans les romans, films ou comédies musicales (aaaaah, Hedwig…).

Ce qui m’amène assez naturellement à mon second violon d’Ingres: la musique! Longtemps manspreadé par mon petit répresseur des fraudes personnel, je fus longtemps un auditeur passif mais passionné. Et puis il y a bientôt 7 ans, date estimée du début de ma « chrysalide » je décidais sur un coup de tête de prendre des cours de contrebasse, et la passion n’a cessée depuis lors. Je suis encore loin du virtuose, mais qui l’envie encore, celui là?

Au sortir de mon ANPE spirituelle, me vinrent les conclusions suivantes: Non, je ne veux pas passer ma vie à écrire des débuts de romans qui rejoindront bientôt tous les autres dans le pandemonium de mon disque dur, et non, je n’attendrai pas d’être Ray Brown pour commencer à créer de la musique!

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Ainsi, un matin brumeux d’octobre est né le Contrebarde, et cette idée de s’aventurer à la croisée des chemins du recueil et du feuilleton (et de brillante façon baptisée « recueilletons »), me permettant d’assouvir mes envies d’épopées en conservant mon vecteur favori et mes alexandrins! Et de les mettre, sans doute dans quelques temps, en musique, la chose est en réflexion.

Alors oui mais pourquoi un blog? Là encore, il m’a fallu de haute lutte faire taire mes petits dictateurs du dedans, qui, non contents de me taxer d’imposteur, fustigeaient à présent mon arrogance, ma frivolité et un brin d’exhibition! Collabos!

Entendons nous, je serai tout à fait flatté et heureux d’être lu, mais ce blog doit avant tout me servir de garde-fou. Malgré cette délectation de longue date pour l’écriture, je n’ai quasiment aucune trace de mes essais passés. Même les valables! La faute à une pudeur mal placée me faisant craindre que l’on puisse tomber dessus, à une fâcheuse tendance à trouver ce que je fais bien trop mauvais pour être conservé, encore moins partagé, et sans doute aussi a un sens du rangement bien à moi…

Ce blog me préservera de ces autodafés pulsionnels, il sera mon carbone 14. Même le mauvais sera gardé, ne fut-ce que pour le côté introspectif, et sans doute dois-je par avance m’en excuser!

Bon, je crois qu’il me faut vous laisser un peu de courage pour le reste, je commence à prendre goût à ce mode d’écriture! Merci de me faire l’honneur de votre présence en ces lieux, et bonne lecture!

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